En janvier j’ai lu puis vu "La fille du Konbini" pensant, naïvement, que ce serait la même. Et nbien non elles étaient deux à projet une lumière sur un pan de la culture japonaise.

Il existe un livre qui appelé “La fille du Konbini (ou de la supérette selon les éditions)”, en V.O. コンビニ人間 .Cela peut se traduire par “la personne du konbini”. Il raconte l’histoire de Keiko Furukara, une jeune femme en décalage par rapport à la société. C’est le genre à ramener une pelle pour frapper deux camarades d’école quand le maitre demande à avoir le calme. La fin justifie les moyens non ? A ses dix-huit ans elle entre dans un konbini, une supérette de proximité. Nous la retrouvons ensuite, à 36 ans, toujours dans la même superette qu’elle sert encore, en dépit de ce que la société voudrait pour elle.

C’est une oeuvre très touchante en dépit, ou à cause de la distance de l’héroïne par rapport à tout ce qu’on doit faire. Oui ça crie neuroetypie à toutes les pages. Le roman porte un regard très froid sur la société japonaise et tout un tas d’obligation qui demeurent de nos jours à l’encontre des femmes. L’autrice, Sayaka Murata, a elle-même travaillé pendant 18 ans dans un konbini car cela lui permettait d’écrire. Son roman a connu beaucoup de succès au Japon.

Couverture du livre et affiche du film

Quand j’ai vu la sortie d’un film intitulé “La fille du Konbini” je m’attendais à voir une adaptation de ce roman. Il s’y prête plutôt bien mais ce n’est pas tout à fait le cas.

Il existe un film qui appelé “La fille du Konbini”, en VO 朝がくると虚しくなる. Cela peut se traduire par “Quand le matin viens, je me sens vide”. Il raconte l’histoire de Nozomi Izuka, une jeune femme en décalage par rapport à la société. A 24 ans elle se retrouve vendeuse dans un konbini, pas très douée, solitaire et un peu paumé. La rencontre avec une ancienne camarade de classe lui montrera qu’elle n’est pas seule dans une galère qu’on découvre petit à petit.

Là aussi c’est une oeuvre très touchante, la naissance d’une amitié, les confrontations et la camaraderie d’un petit monde dans un environnement restreint mais, à priori, rassurant : le konbini.

Donc, par une astuce du distributeur les deux oeuvres ont le même titre en français mais n’ont rien à voir. En fait si un peu. Quiconque s’est baladé au Japon aura été dans un konbini, ces supérettes ouvertes 24h sur 24, 7 jours sur 7. Dans le livre, l’autrice établi que depuis son ouverture, 18 ans auparavant le Konbini où travaille Keiko n’a jamais fermé une seule minute. Abyssal. Elle disserte aussi sur le renouvellement du magasin comme un corps humain dont les cellules se renouvelle comme les produits dans les rayons.

Ce n’est en fait pas un hasard si le livre, comme le film situe son action dans ce type d’tablissemet. Le lieu mais aussi son atmosphère, sa musicalité, sa torpeur parfois ou sa frénésie s’y prête bien. Et puis c’est le lieu où se croise tout genre de personnes. Sans même aller chez les clients, les gens qui y travaillent sont là faute de mieux parfois. On y retrouve des étudiants qui on trouvé un アルバイト (arubaito, tiré de l’allemand arbeit, job à temps partiel), des femmes aux foyers qui y font un mi temps, des gens qui passent. C’est d’y rester qui est louche. C’est le sujet de nombreux films que l’on n’a, ou pas, la chance de voir arriver ici.

Donc même si la fille du konbini n’est pas la fille du konbini, les deux oeuvres se lisent et voient avec plaisir pour mieux comprendre la société japonaise d’une manière originale.